Léopold

Le terrain

De la mer au Piton, trente kilomètres et trois mondes.

De la mer au sommet du volcan, il y a trente kilomètres. En une matinée de marche, on passe d’une forêt sèche à un désert de lave où presque rien ne pousse — et entre les deux, des reliques de forêt primaire. Chaque étage a ses espèces. Beaucoup n’existent nulle part ailleurs au monde. Certaines se comptent sur les doigts d’une main. Ce que je vous apprends, c’est à lire cette échelle.

La Réunion, l’île merveilleuse aux plus de cent microclimats…

Ce que le relief & les vents alizés forment

Office national des forêts, direction régionale de La Réunion.

Des espèces qui n’existent qu’ici

Une espèce endémique n’existe que sur ce territoire et nulle part ailleurs. Une île volcanique jeune, isolée dans l’océan Indien, en fabrique beaucoup — et en perd vite. Le Tuit-tuit, oiseau de La Roche Écrite, compte parmi les passereaux les plus menacés au monde. Savoir cela change la façon dont on marche.

Un papangue adulte perché sur un miroir de route, devant un fourré d'arbustes.
PapangueCircus maillardi

Étage un
0 – 1 000 m · 17,5 à 24 °C

Les milieux de basse et moyenne altitude

Intérieur de forêt humide : troncs fins et serrés, lumière traversant la canopée, épais tapis de fougères au sol.
Fourré dense de forêt de basse altitude : troncs penchés et entremêlés, grandes feuilles composées en éventail, trouées de ciel entre les cimes.

À cette altitude, la même tranche porte deux forêts que tout oppose. À l’ouest, sous le vent, la forêt semi-sèche : peu d’épiphytes, un sol qui brûle vite, et des arbres dont certains se comptent encore sur les doigts d’une main. Au sud-est, au vent, la forêt de bois de couleur des bas : de grands arbres, un tapis de fougères jusqu’aux genoux, des épiphytes sur chaque branche. Ce n’est pas l’altitude qui les sépare, c’est la pluie.

→ Préparer une traversée de Mafate

Étage deux
1 000 – 2 000 m · 11 à 17 °C

Les milieux de montagne

Sentier étroit dans une forêt de tamarins des Hauts, branches tordues chargées de lichens pendants au-dessus d'un tapis d'herbe fine.
Tamarins des Hauts.
Frondes de fougère aux longues feuilles ondulées vert clair, marquées de rangées de sores ronds et roux, poussant sur un tronc couvert de mousse dans un sous-bois lumineux.
Fougère ti lentilles Lepisorus excavatus

Les forêts de Bébour-Bélouve abritent encore des reliques de forêt primaire, au sein d’un massif où certaines parcelles font également l’objet d’une sylviculture, notamment du tamarin des Hauts. Les fanjans y montent à hauteur d’homme, les tamarins des Hauts se tordent au-dessus du sentier, et l’humidité fabrique un monde de mousses qu’on ne voit qu’ici. C’est le milieu où l’on croise le plus d’espèces en une seule journée.

Tamarin des Hauts aux branches tordues et couvertes de mousse au-dessus d’un sentier de litière, troncs et racines moussus de part et d’autre, touffes d’herbe et fougères sur les talus.
Tamarin des HautsAcacia heterophylla
Feuillage dense d’un petit tamarin des hauts : rameaux portant de longues feuilles composées de nombreuses petites folioles, vert tendre là où le soleil les touche.
Petit tamarin des hautsSophora denudata
Fanjan en lisière de forêt : couronne de grandes frondes finement découpées au sommet d’un tronc sombre, une jupe de vieilles frondes brunes sous la couronne, des bambous derrière.
FanjanCyathea sp.
Un tangue de profil sur un sol de feuilles mortes, museau pointu et pelage hérissé brun clair, au pied d’un fourré.
TangueTenrec ecaudatusintroduit de Madagascar
Fleur jaune épanouie à cinq pétales, une fleur fanée rousse à côté d’elle, au milieu de rameaux aux feuilles étroites et lancéolées.
Fleur jauneHypericum lanceolatum

→ La sortie du Trou de Fer

Étage trois
2 000 m et au-dessus · 11 à 5 °C

Les milieux de haute altitude

Fourrés éricoïdes en tapis jaunes et gris-vert sur une pente, avec une crête rocheuse au fond sous un ciel bleu.
Fourré de branles sur une pente : buissons vert-jaune et gris-vert serrés, un bloc de lave sombre au milieu, un arbuste aux feuilles grises et aux capitules roux au premier plan.

Fourré éricoïde

Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus actifs au monde, et l’un des rares où l’on marche sur des coulées qui ont moins d’âge que vous. On y lit la colonisation d’un sol nu : d’abord rien, puis les lichens, puis les premières plantes pionnières qui s’installent dans la roche.

Buisson de branle vert vu de près : rameaux dressés en écailles serrées, couverts de petits bourgeons saumon, un arbuste gris-argenté derrière lui.
Branle vertErica reunionensis
Buisson de branle blanc vu de près : rameaux fins entièrement feutrés de gris argenté, une tige florale sèche au centre.
Branle blancStoebe passerinoides
Petit bois de rempart poussant entre des blocs de lave : grappes de fleurs rouges en clochettes, petites feuilles vertes ovales, un arbuste gris-argenté mêlé à ses tiges.
Petit bois de rempartAgarista buxifolia
Dalle de lave vue de dessus, semée de petites granules blanc-gris de lichen, blocs de scories sur les bords.
Lichen du volcanStereocaulon vulcani

→ La sortie du Piton de la Fournaise